Le 29 janvier 2026, les étudiants de deuxième année de l’IFSI du centre hospitalier d’Erstein ont eu l’opportunité de rencontrer Walter Hesbeen lors d’une demi-journée enrichissante, consacrée au prendre soin, et plus particulièrement au prendre soin d’un groupe de personnes. Cette rencontre a permis d’interroger le sens du soin infirmier au-delà des actes techniques, en mettant en lumière la dimension relationnelle, éthique et humaine du soin.
Walter Hesbeen : penser le soin autrement
Walter Hesbeen est infirmier, docteur en santé publique, responsable pédagogique au GEFERS (Groupe Francophone d’Études et de Formation en Éthique de la Relation de Service et de Soin), professeur à l’Université catholique de Louvain et rédacteur en chef de la revue Perspective soignante. À travers ses travaux, il permet aux soignants de comprendre que leur rôle ne se limite pas à la technicité, mais qu’il engage une attention portée à la personne soignée dans sa singularité. Le prendre soin suppose ainsi de reconnaître la dignité, le vécu et l’histoire de chaque personne.
Une demi-journée rythmée par les échanges et la convivialité
Cette demi-journée a permis à la promotion Alexis Bataille-Hembert (2024-2027) de découvrir et d’approfondir le prendre soin à travers les apports de Walter Hesbeen. Elle a été rythmée par un temps convivial, un discours d’accueil des étudiants et des formateurs, un temps d’échange afin de mieux se connaître, une présentation du concept de prendre soin d’une personne et d’un groupe, une distinction entre le soin, les soins, faire des soins et prendre soin, ainsi qu’une intervention de Walter Hesbeen sur le prendre soin d’un groupe de personnes. Les étudiants ont également partagé un moment convivial autour de gâteaux et d’un café, apportés collectivement.
Présentation de la promotion et premiers échanges
Un premier groupe a présenté les spécificités de la promotion à Walter Hesbeen, qui a ensuite partagé son parcours professionnel. Ces échanges ont favorisé une réflexion sur la posture soignante et le sens du soin infirmier.
La démarche de soins à la lumière du prendre soin
Les échanges se sont poursuivis par une présentation consacrée à la démarche de soins, envisagée à la lumière du prendre soin. Les étudiants ont mis en évidence l’importance d’une approche relationnelle et holistique, prenant en compte la personne soignée dans sa singularité et en l’impliquant activement dans le soin qui lui est apporté. La démarche de soins apparaît comme un outil évolutif et réflexif, essentiel à une pratique professionnelle respectueuse, sécurisée et adaptée. Walter Hesbeen a rappelé que rentrer en relation avec une personne relève d’une véritable démarche : elle ne se décrète pas, elle se construit. Il a également souligné que la démarche de soins constitue avant tout une posture professionnelle. Prendre soin implique de reconnaître ce qui est important pour la personne et de construire, dans la durée, une relation de confiance.
Prendre soin d’une personne : une posture éthique
Un autre groupe a présenté le prendre soin d’une personne, en soulignant l’importance de s’occuper de la personne dans toutes ses dimensions, sans la réduire à sa maladie. Walter Hesbeen a rappelé que la centration sur la tâche peut faire obstacle au prendre soin. Il est alors nécessaire d’apporter de l’apaisement, de reconnaître les craintes exprimées et de chercher à rendre ce qui est difficile moins difficile à vivre pour la personne soignée. Cette réflexion met en lumière la dimension éthique du soin, les professionnels étant confrontés à la vulnérabilité humaine, ce qui appelle une posture attentive, engagée et responsable.
Prendre soin d’un groupe : préserver les singularités
Le groupe suivant a abordé la notion de prendre soin d’un groupe de personnes, en soulignant l’importance de reconnaître chaque individu dans sa singularité au sein du collectif. Walter Hesbeen a évoqué la place des nouvelles technologies, considérées comme des outils au service du soin, utiles pour soutenir la réflexion et l’efficacité, mais ne devant jamais se substituer à l’intelligence, au discernement ni à la responsabilité du soignant. Il a rappelé qu’un groupe est constitué d’une pluralité de sujets et qu’une approche exclusivement centrée sur le collectif comporte le risque d’occulter les singularités.
Soin, soins, faire des soins et prendre soin : des distinctions essentielles
Le dernier groupe a présenté la distinction entre le soin, les soins, faire des soins et prendre soin, en rappelant l’importance de s’adapter à la personne en faisant avec et non pour. Walter Hesbeen a souligné que soigner et prendre soin ne sont pas synonymes : il est possible de soigner sans véritablement prendre soin. Il a également attiré l’attention sur le recueil de données, qui peut parfois se transformer en une succession de questions laissant peu de place à ce que la personne souhaite réellement partager.
Conclusion : replacer la relation au cœur du soin infirmier
Pour conclure, Walter Hesbeen a interrogé la place du prendre soin dans un système de santé largement centré sur la guérison des maladies. Il a approfondi la notion de bientraitance, qui ne se limite pas à bien faire les soins, mais à permettre à la personne de se sentir bien traitée. Il distingue clairement les soins, qui renvoient aux actes et aux tâches, du prendre soin, qui repose sur l’attention portée à l’autre et le souci de la personne. Ainsi, le véritable cœur du soin infirmier ne réside pas uniquement dans la technicité, mais dans la qualité de la relation humaine et l’attention portée à chaque personne.
Nous remercions chaleureusement Walter Hesbeen pour sa présence et la richesse de ses apports, qui ont permis aux étudiants de questionner la posture professionnelle qu’ils construiront demain.
Les étudiants de la promotion Alexis Bataille-Hembert (2024-2027)